Réponse courte : en août 2026, un ménage qui contractait un prêt immobilier en France payait en moyenne un taux d'intérêt de 3,32 %, contre 3,30 % en juillet, d'après la Banque de France (crédits nouveaux à l'habitat, hors renégociations). C'est environ 0,2 point de plus qu'au début de l'année, ce qui ramène le marché à peu près à son niveau de début 2025.
Cette moyenne nationale mélange toutes les durées et tous les profils. Elle ne dit pas quel taux une banque proposera à un dossier précis, mais elle permet de situer une offre. Cette fiche rassemble les repères utiles pour lire un taux : les moyennes officielles, les plafonds légaux, les règles d'octroi et le coût réel selon la durée.
Repère n° 1 : le taux moyen d'un prêt immobilier en 2026
La Banque de France publie chaque mois le taux moyen des crédits nouveaux à l'habitat, calculé sur les prêts réellement accordés par les banques. C'est la référence la plus solide, parce qu'elle repose sur des contrats signés et non sur des barèmes affichés.
| Mois | Taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat |
|---|---|
| Juillet 2026 | 3,30 % |
| Août 2026 | 3,32 % |
Quelques chiffres du panorama de juillet 2026 complètent le tableau. La durée initiale moyenne des prêts atteint 22 ans et 8 mois, et 23 ans et 10 mois pour les primo-accédants, qui représentent 43,9 % de la production. Le montant moyen emprunté est repassé au-dessus de 200 000 €, avec un apport personnel moyen de près de 40 000 €. En août, 99,5 % des nouveaux prêts à l'habitat étaient à taux fixe.
Ce taux moyen est un taux nominal : il ne comprend ni l'assurance emprunteur, ni les frais de dossier, ni les frais de garantie. Le coût complet d'un crédit se lit dans un autre indicateur, le TAEG.
Repère n° 2 : taux nominal et TAEG, deux chiffres à ne pas confondre
Le taux nominal (ou taux débiteur) sert à calculer les intérêts payés à la banque. Il détermine directement la mensualité hors assurance.
Le taux annuel effectif global (TAEG) ajoute au taux nominal tous les frais obligatoires pour obtenir le prêt : assurance emprunteur exigée par la banque, frais de dossier, frais de garantie (caution ou hypothèque), éventuels frais de courtage. C'est ce chiffre qui permet de comparer deux offres, et c'est lui qui est confronté au plafond de l'usure.
Pour un même taux nominal, deux offres peuvent donc afficher des TAEG différents : une assurance plus chère ou des frais de garantie élevés font monter le TAEG. À l'inverse, une banque qui propose un taux nominal un peu plus haut mais une assurance déléguée moins coûteuse peut finalement offrir le crédit le moins cher.
Repère n° 3 : les seuils de l'usure au 1er octobre 2026
Le taux de l'usure est le TAEG maximal qu'une banque peut appliquer. Un prêt dont le taux effectif global dépasse de plus d'un tiers le taux effectif moyen du trimestre précédent est usuraire. Les seuils sont publiés chaque trimestre au Journal officiel ; l'avis du 25 septembre 2026 fixe ceux qui s'appliquent depuis le 1er octobre 2026.
| Catégorie de prêt immobilier | Taux effectif moyen | Seuil de l'usure |
|---|---|---|
| Taux fixe, moins de 10 ans | 3,07 % | 4,09 % |
| Taux fixe, 10 à moins de 20 ans | 3,51 % | 4,68 % |
| Taux fixe, 20 ans et plus | 4,05 % | 5,40 % |
| Taux variable | 4,14 % | 5,52 % |
| Prêts relais | 4,87 % | 6,49 % |
Deux lectures pratiques. D'abord, l'écart entre le taux moyen nominal (3,32 %) et le taux effectif moyen des prêts de 20 ans et plus (4,05 %) donne une idée du poids de l'assurance et des frais dans le coût d'un crédit long. Ensuite, un emprunteur âgé ou présentant un risque de santé, dont l'assurance est chère, peut voir son TAEG approcher le seuil : la banque ne peut alors pas accorder le prêt tel quel, même si le taux nominal est correct. Allonger ou raccourcir la durée, changer d'assurance ou réduire les frais de garantie permet parfois de repasser sous le plafond.

Repère n° 4 : les règles d'octroi du HCSF
Depuis 2022, les banques doivent respecter les normes du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), rappelées par la Banque de France :
- un taux d'effort de 35 % au maximum : la part des revenus consacrée au remboursement des crédits, assurance comprise, ne doit pas dépasser ce seuil ;
- une durée de 25 ans au maximum, avec une tolérance de deux ans de différé lorsque l'entrée dans les lieux est décalée, par exemple dans le neuf ;
- une marge de flexibilité de 20 % de la production trimestrielle de chaque banque, qui peut déroger à ces critères, en priorité pour les résidences principales et les primo-accédants.
Ces normes ne garantissent aucun prêt : une banque reste libre de refuser un dossier qui les respecte. Elles expliquent en revanche pourquoi un taux bas ne suffit pas toujours à emprunter davantage : c'est souvent le taux d'effort qui bloque.
Repère n° 5 : ce qu'un taux change sur la mensualité et le coût
La formule de la mensualité d'un prêt amortissable à taux fixe est la suivante : mensualité = capital × t ÷ (1 − (1 + t)^−n), où t est le taux annuel divisé par 12 et n le nombre de mensualités. Le détail de ce calcul, et les paramètres à saisir dans un simulateur, sont repris dans l'article consacré au calculateur de prêt immobilier.
Appliquée à un emprunt de 200 000 €, hors assurance et frais, elle donne les résultats suivants.
| Durée | Taux 3,00 % | Taux 3,30 % | Taux 3,60 % |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 1 381 € / mois | 1 410 € / mois | 1 440 € / mois |
| 20 ans | 1 109 € / mois | 1 139 € / mois | 1 170 € / mois |
| 25 ans | 948 € / mois | 980 € / mois | 1 012 € / mois |
Le coût des intérêts suit la même logique. À 3,30 %, ces 200 000 € coûtent environ 53 800 € d'intérêts sur 15 ans, 73 500 € sur 20 ans et 94 000 € sur 25 ans. Allonger la durée réduit la mensualité mais augmente fortement le coût total ; une variation de 0,3 point de taux pèse, elle, une trentaine d'euros par mois sur cet exemple.
Avec la règle des 35 %, une mensualité de 1 139 € suppose des revenus nets d'environ 3 250 € par mois, assurance non comprise : le calcul réel de la banque intègre l'assurance et les autres crédits en cours.
Comment se servir du seuil de l'usure pour lire une offre
Le seuil de l'usure fonctionne comme un contrôle simple à faire soi-même. Une offre de prêt indique obligatoirement son TAEG : il suffit de le comparer au seuil de la catégorie correspondant à la durée du prêt. Un TAEG de 4,6 % sur 25 ans reste sous le plafond de 5,40 % ; le même TAEG sur 15 ans serait proche du seuil de 4,68 % applicable aux prêts de 10 à moins de 20 ans.
Comme les seuils sont recalculés chaque trimestre à partir des taux du trimestre précédent, une offre émise fin septembre et une offre émise début octobre ne sont pas jugées sur le même plafond. Entre le 3e et le 4e trimestre 2026, le seuil des prêts de 20 ans et plus est ainsi passé de 5,29 % à 5,40 %, ce qui reflète la légère remontée des taux observée depuis janvier. Un dossier refusé pour dépassement de l'usure peut donc, parfois, redevenir finançable au trimestre suivant, sans que rien n'ait changé dans la situation de l'emprunteur.

Repère n° 6 : ce qui fait varier le taux d'un dossier à l'autre
Le taux proposé à un emprunteur s'écarte de la moyenne selon plusieurs critères, que chaque banque pondère à sa façon :
- la durée : plus elle est longue, plus le taux est élevé, comme le montrent les seuils d'usure par tranche ;
- l'apport : un apport qui couvre au moins les frais d'acquisition rassure la banque ;
- les revenus et leur stabilité : niveau, nature du contrat de travail, ancienneté ;
- la gestion des comptes : absence de découverts répétés, épargne régulière ;
- la domiciliation des revenus et les produits demandés en contrepartie, que la loi encadre ;
- le type de projet : résidence principale, investissement locatif, résidence secondaire.
La garantie (caution d'un organisme spécialisé ou hypothèque) et l'assurance emprunteur ne modifient pas le taux nominal, mais elles pèsent sur le TAEG et sur le coût final.
Repère n° 7 : fixe, variable et renégociation
Le taux fixe domine presque totalement le marché français : la mensualité reste identique jusqu'au bout, quel que soit l'environnement. Le taux variable, généralement capé, suit un indice de référence ; il peut baisser ou monter dans la limite du plafond prévu au contrat.
Quand les taux du marché baissent nettement après la signature, un emprunteur peut chercher à renégocier son prêt auprès de sa banque ou à le faire racheter par une autre. Selon la Banque de France, les renégociations représentaient 12,5 % des crédits à l'habitat accordés en août 2026. Les calculs à mener avant de se lancer, indemnités de remboursement anticipé comprises, sont expliqués dans l'article sur la simulation d'un rachat de crédit immobilier.
Pour un projet précis, notamment un achat d'appartement à Paris où les montants empruntés sont élevés, la comparaison de plusieurs offres sur la base du TAEG reste la méthode la plus sûre. Un conseiller bancaire, un courtier ou l'ADIL du département peuvent aider à lire une offre, sans qu'aucun taux ne puisse être garanti à l'avance.
Questions fréquentes
Où se situe le taux moyen d'un prêt immobilier cet automne ?
Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat était de 3,32 % en août 2026, hors renégociations. Il s'agit d'un taux nominal moyen toutes durées confondues, hors assurance et frais.
Quel est le taux d'usure pour un prêt de 25 ans ?
Depuis le 1er octobre 2026 et jusqu'à la fin du trimestre, le seuil de l'usure pour un prêt à taux fixe de 20 ans et plus est de 5,40 %. Il s'applique au TAEG, assurance et frais compris.
Les taux immobiliers vont-ils baisser ?
Aucune source officielle ne permet de le prévoir. La Banque de France constate une hausse d'environ 0,2 point depuis le début de 2026 ; les seuils d'usure, calculés sur les taux du trimestre précédent, ont eux aussi légèrement augmenté au 1er octobre.
Quelle différence entre taux nominal et TAEG ?
Le taux nominal calcule les intérêts. Le TAEG ajoute l'assurance exigée, les frais de dossier, de garantie et de courtage. Pour comparer deux offres de prêt immobilier, c'est le TAEG qui compte.
Peut-on emprunter sur plus de 25 ans ?
Les normes du HCSF limitent la durée à 25 ans, avec deux ans de différé possible lorsque l'entrée dans le logement est décalée. Les banques peuvent déroger à cette règle dans la limite de 20 % de leur production trimestrielle.
Sources et références
- Banque de France, Loans to individuals, France - 2026-08 — www.banque-france.fr
- Banque de France, panorama des prêts à l'habitat des ménages, juillet 2026 — www.banque-france.fr
- Légifrance, avis du 25 septembre 2026 relatif à l'application des articles L. 314-6 du code de la consommation et L. 313-5-1 du code monétaire et financier concernant l'usure — www.legifrance.gouv.fr
- Banque de France, taux d'usure 2026-Q3 — www.banque-france.fr
- Banque de France, Haut Conseil de stabilité financière : une notoriété inespérée — www.banque-france.fr




