9 560 euros : c'est le prix moyen d'un mètre carré d'appartement ancien vendu à Paris au 2e trimestre 2026, d'après les Notaires du Grand Paris. Le chiffre est presque immobile depuis un an (9 510 € au 2e trimestre 2025), ce qui tranche avec les années de forte hausse puis de recul qu'a connues la capitale. Un studio de 25 m² au prix moyen représente donc près de 240 000 €, un deux-pièces de 40 m² environ 382 000 €, avant les frais.

Ce prix moyen cache pourtant un écart considérable d'un arrondissement à l'autre, et il ne dit rien de l'état de l'immeuble, des charges ni des travaux votés. Ce guide suit l'ordre réel d'un projet : fixer le budget, choisir le secteur, visiter avec méthode, puis passer de l'offre à l'acte.

Les prix au m² par arrondissement en 2026

Les notaires publient chaque trimestre un prix au mètre carré « standardisé », calculé sur les ventes d'appartements anciens libres de toute occupation. C'est la référence la plus fiable, car elle repose sur des actes signés et non sur des prix affichés dans des annonces. Voici les valeurs du 2e trimestre 2026.

SecteurPrix au m² (T2 2026)
19e7 690 €
20e8 210 €
18e8 490 €
13e8 560 €
12e8 610 €
15e8 780 €
14e9 100 €
10e9 140 €
17e9 470 €
11e9 500 €
9e10 140 €
16e10 220 €
Paris Centre (1er à 4e)11 330 €
5e11 590 €
8e11 620 €
7e13 010 €
6e13 980 €

Trois groupes se dessinent. Les arrondissements du nord-est et du sud-est (18e, 19e, 20e, 12e, 13e) restent sous les 8 700 € et concentrent les budgets serrés. Un large milieu, du 14e au 11e en passant par le 15e et le 17e, gravite autour de 9 000 à 9 500 €. Enfin la rive gauche historique et le centre dépassent les 11 000 €, avec un sommet dans le 6e.

Deux nuances avant d'en tirer des conclusions. D'abord, une moyenne d'arrondissement mélange des rues très différentes : dans le 18e, les abords de Montmartre n'ont rien à voir avec les secteurs proches du boulevard périphérique. Ensuite, le prix standardisé ne tient pas compte de l'étage, de l'ascenseur, de la luminosité ni de l'état. Un cinquième étage sans ascenseur, une cour sombre ou un appartement à rénover se négocient sous la moyenne ; un dernier étage avec balcon se paie au-dessus.

Calculer le budget complet d'un achat d'appartement à Paris

Le prix, puis les droits de mutation

Ce qu'on appelle couramment « frais de notaire » est surtout composé d'impôts reversés aux collectivités, les droits de mutation à titre onéreux. Selon Service Public, la part départementale variait entre 3,8 % et 4,5 % du prix ; depuis le 1er avril 2025 et jusqu'au 30 avril 2028, chaque département peut la porter à 5 % par un vote de son conseil. À cela s'ajoutent la taxe communale, la rémunération du notaire et ses débours.

Les primo-accédants échappent à cette hausse : est concerné l'acheteur qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l'acte, à condition que le logement devienne sa résidence principale. Sur un appartement de 400 000 €, l'écart entre une part départementale à 4,5 % et à 5 % représente 2 000 €. Le taux exact retenu pour une vente donnée se vérifie auprès du notaire chargé de l'acte.

Le crédit et l'apport

La plupart des acheteurs parisiens financent une partie du prix par un emprunt. La mensualité dépend du taux, de la durée et de l'assurance ; les repères de taux moyens sont détaillés dans l'article sur le prêt immobilier et ses taux, et la mécanique de calcul d'une mensualité dans celui consacré au calculateur de prêt immobilier. À Paris, la hauteur des prix fait souvent de l'apport la variable décisive : il couvre au minimum les frais, et une banque l'examine de près pour un montant emprunté élevé.

Les coûts qui suivent l'achat

Le budget ne s'arrête pas à la signature. Un appartement parisien est presque toujours situé dans une copropriété : il faut prévoir les charges courantes (gardien, ascenseur, chauffage collectif parfois), la taxe foncière et, surtout, les travaux votés ou à venir. Ravalement de façade, réfection de toiture ou mise aux normes de l'ascenseur peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par lot dans un immeuble ancien.

Grand séjour aux murs moulurés et parquet en point de Hongrie, éclairé par de hautes fenêtres

Choisir son secteur sans se fier au seul prix

Le prix au mètre carré guide le premier tri, mais le choix se joue sur d'autres critères que chacun pondère selon sa situation.

  • Les transports : la proximité d'une ligne de métro ou de RER structurante compte autant que l'arrondissement lui-même. Un logement du 13e bien desservi peut être plus pratique qu'un logement plus central mal relié.
  • Le type d'immeuble : haussmannien en pierre de taille, immeuble de faubourg plus modeste, construction des années 1960 à 1980 avec ascenseur et parking, ou résidence récente. Chacun a ses forces (volumes, isolation, charges) et ses faiblesses.
  • La surface réelle : à Paris, beaucoup d'appartements sont petits et la répartition des pièces varie. Pour une famille, la question du nombre de chambres revient souvent ; elle est traitée dans l'article combien de chambres dans un T3.
  • L'évolution du quartier : projets d'aménagement, commerces, écoles. Les documents d'urbanisme de la Ville renseignent sur ce qui est prévu.

Le tableau des notaires montre aussi qu'un secteur cher n'est pas forcément un secteur qui progresse. Entre le 2e trimestre 2025 et le 2e trimestre 2026, le 8e est passé de 11 710 € à 11 620 € le m², tandis que le 19e passait de 7 430 € à 7 690 €. Ces mouvements restent faibles et ne permettent aucune prévision, mais ils rappellent que la hiérarchie des prix bouge lentement.

Visiter : ce qu'il faut examiner sur place et dans les papiers

Dans l'appartement

Une visite utile se fait de préférence deux fois, à des heures différentes, pour juger la lumière et le bruit. Les points à regarder de près :

  • l'état de l'électricité et de la plomberie, souvent anciennes dans les immeubles d'avant-guerre ;
  • les traces d'humidité sous les fenêtres, au plafond d'un dernier étage ou dans une salle d'eau aveugle ;
  • la cohérence entre la surface annoncée et la surface mesurée, la superficie privative dite « loi Carrez » étant obligatoire dans une vente en copropriété ;
  • le mode de chauffage et la classe du diagnostic de performance énergétique, qui donne une idée des factures et des travaux à prévoir.

Dans la copropriété

Les documents de la copropriété disent souvent plus que la visite. Les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale révèlent les travaux votés, les litiges et les impayés. Le carnet d'entretien et le montant du fonds de travaux renseignent sur la santé de l'immeuble. Un acheteur attentif repère aussi les appels de fonds déjà votés mais non encore exigibles : leur répartition entre vendeur et acheteur se discute avant le compromis.

Il est également utile de voir les parties communes : cage d'escalier, cave, cour, local à vélos. Un immeuble dont les parties communes sont négligées annonce souvent des travaux importants dans les années à venir.

Toits en zinc et cheminées de Paris, avec la tour Montparnasse au loin

De l'offre à l'acte authentique

L'offre d'achat

Une fois le bien trouvé, l'acheteur formule une offre écrite, avec un prix et une durée de validité. Dans les secteurs où les biens se vendent vite, une offre au prix ne garantit rien si le vendeur reçoit plusieurs propositions ; à l'inverse, un logement resté longtemps en vente se négocie plus facilement. Les mentions à prévoir sont détaillées dans le modèle d'offre d'achat.

Le compromis ou la promesse de vente

L'avant-contrat prend deux formes. Selon les Notaires de France, le compromis engage les deux parties et s'accompagne en général d'un dépôt de garantie de 5 à 10 % du prix, imputé sur le prix lors de l'acte. La promesse unilatérale donne à l'acheteur une option, souvent de deux à trois mois, contre une indemnité d'immobilisation d'environ 10 %, et elle est enregistrée moyennant 125 € de droits.

Dans les deux cas, l'acheteur d'un logement dispose de 10 jours de rétractation, à compter du lendemain de la remise en main propre de l'acte ou de la première présentation de la lettre recommandée. S'il finance par un emprunt, l'avant-contrat doit comporter une condition suspensive d'obtention du prêt : si la banque refuse dans les conditions prévues, la vente tombe et le dépôt est restitué.

L'acte authentique

Entre l'avant-contrat et la signature définitive, le notaire réunit les pièces (état hypothécaire, documents d'urbanisme, purge du droit de préemption de la Ville le cas échéant) et l'acheteur finalise son prêt. L'acte authentique, signé chez le notaire, transfère la propriété ; le solde du prix et les frais sont versés à ce moment-là, et les clés sont remises.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Raisonner sur le seul prix affiché sans intégrer droits de mutation, charges et travaux votés.
  • Négliger les procès-verbaux d'assemblée générale, alors qu'ils annoncent les dépenses des prochaines années.
  • Élargir la recherche à tout Paris au lieu de cibler deux ou trois secteurs connus : la comparaison des prix devient alors impossible.
  • Signer un avant-contrat trop vite sans avoir fait vérifier la surface ou sans condition suspensive adaptée.
  • Confondre prix d'annonce et prix de vente : seuls les prix des notaires ou des données de vente publiques reflètent les transactions réellement conclues.

Pour un montage particulier (achat à deux en indivision, donation des parents, achat via une société), un notaire ou l'ADIL de Paris donne un avis adapté à la situation.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d'un appartement à Paris en 2026 ?

Au 2e trimestre 2026, les Notaires du Grand Paris relèvent 9 560 € le mètre carré en moyenne pour un appartement ancien. Le prix varie de 7 690 € dans le 19e à 13 980 € dans le 6e. Ces moyennes portent sur des ventes réellement signées.

Quel est l'arrondissement le moins cher pour acheter à Paris ?

D'après la même série, le 19e est le moins cher au 2e trimestre 2026, suivi du 20e (8 210 €) et du 18e (8 490 €). Les écarts à l'intérieur de chaque arrondissement restent importants selon la rue et l'immeuble.

Combien de temps faut-il pour acheter un appartement à Paris ?

Il faut compter le temps de la recherche, très variable, puis plusieurs semaines entre le compromis et l'acte authentique, le temps pour le notaire de réunir les pièces et pour l'acheteur d'obtenir son prêt. Le délai de rétractation de 10 jours s'ajoute au début de cette période.

Les primo-accédants paient-ils moins de frais à Paris ?

Ils échappent à la hausse de la part départementale des droits de mutation autorisée depuis avril 2025, s'ils n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale dans les deux ans précédant l'acte et s'ils achètent leur future résidence principale. Le notaire confirme le taux applicable.

Faut-il un apport pour acheter à Paris ?

La loi n'impose pas d'apport, mais les banques en demandent généralement un, au moins pour couvrir les frais d'acquisition. Avec les prix parisiens, le montant de l'apport pèse fortement sur l'accord de prêt.

Sources et références

  • Notaires du Grand Paris, historique des prix au m² des appartements anciens à Paris par arrondissement — paris.notaires.fr
  • Notaires du Grand Paris, prix au m² des appartements anciens sous-jacents aux indices Notaires-INSEE — paris.notaires.fr
  • Service Public, frais de notaire : les droits de mutation augmentent dans certains départements — www.service-public.gouv.fr
  • Notaires de France, différences entre promesse de vente et compromis de vente — www.notaires.fr