Début 2023, un loyer de bureau indexé sur l'ILAT progressait de 6,51 % en un an. Trois ans plus tard, la même clause ne produit plus qu'une hausse de 0,63 %. Entre ces deux dates, l'inflation est retombée, et l'indice des loyers des activités tertiaires, qui la suit avec un temps de retard, a presque cessé de monter : il est même resté stable, autour de 137, pendant toute l'année 2025.

Pour le propriétaire d'un cabinet médical, d'un local loué à un avocat ou d'un plateau de bureaux, comme pour l'occupant, ce revirement change le montant de la révision annuelle. Cette fiche rassemble les derniers chiffres parus, la construction de l'indice et la règle de calcul, avec des exemples chiffrés.

Indice ILAT : la dernière valeur publiée

Publié par l'Insee le 23 septembre 2026, l'indice du deuxième trimestre 2026 atteint 138,01, soit +0,63 % sur un an. Le chiffre suivant, celui du troisième trimestre, est attendu dans les derniers jours de 2026.

TrimestreILATVariation sur un an
2e trimestre 2026138,01+0,63 %
1er trimestre 2026137,42+0,09 %
4e trimestre 2025137,21−0,06 %
3e trimestre 2025137,07−0,04 %
2e trimestre 2025137,15+0,51 %
1er trimestre 2025137,29+1,60 %

L'indice n'est jamais révisé après sa publication : une valeur parue reste définitive, ce qui permet de l'inscrire telle quelle dans un avenant ou une lettre de révision.

Repères sur l'indice des loyers des activités tertiaires

Une création de 2011

L'ILAT a été institué par l'article 63 de la loi du 17 mai 2011. Le décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011 en fixe les modalités de calcul et de publication, ainsi que les activités concernées. La loi du 18 juin 2014 a ensuite modifié l'article L. 145-34 du code de commerce pour en faire, avec l'ILC, un indice de référence des baux commerciaux. Sa base 100 correspond au premier trimestre 2010.

Trois composantes pondérées

L'indice est une somme pondérée de trois éléments :

ComposantePoidsContenu
Prix à la consommation50 %Moyenne sur douze mois de l'indice des prix hors tabac et hors loyers, ensemble des ménages, France métropolitaine et DOM
Coût de la construction25 %Moyenne sur quatre trimestres de l'indice du coût de la construction (ICC)
Produit intérieur brut25 %Moyenne sur quatre trimestres du PIB en valeur, corrigé des variations saisonnières

Les moyennes glissantes amortissent les à-coups : l'ILAT réagit plus lentement que l'inflation mensuelle, à la hausse comme à la baisse. C'est ce qui explique que les hausses aient culminé en 2023, alors que l'inflation avait déjà commencé à refluer.

Les locaux concernés

L'ILAT s'applique aux activités tertiaires autres que commerciales et artisanales, exercées dans des locaux professionnels. L'Insee cite en particulier :

  • les professions libérales : médecins, avocats, architectes, experts-comptables, kinésithérapeutes ;
  • les bureaux loués à des entreprises de services ;
  • les entrepôts logistiques.

Une boutique, un restaurant ou l'atelier d'un artisan relèvent au contraire de l'indice des loyers commerciaux (ILC). Un logement, lui, se révise avec l'indice de référence des loyers (IRL). L'indice ne s'impose pas d'office : il s'applique parce que le bail le prévoit, et c'est l'activité exercée dans les lieux qui guide le choix.

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Le contraste de 2022-2023 à 2025-2026

L'historique publié par l'Insee montre l'ampleur du retournement :

AnnéeVariation annuelle du 2e trimestre
2021+1,86 %
2022+5,32 %
2023+6,51 %
2024+4,45 %
2025+0,51 %
2026+0,63 %

Sur trois ans, du deuxième trimestre 2023 (130,64) au deuxième trimestre 2026 (138,01), l'indice a progressé de 5,6 %. Sur les trois années précédentes, du deuxième trimestre 2020 (114,33) au deuxième trimestre 2023, il avait gagné plus de 14 %. Un bailleur qui révise aujourd'hui un loyer fixé en 2023 obtient donc une hausse bien plus modeste que celui qui révisait en 2023 un loyer fixé en 2020.

Calculer la révision d'un loyer avec l'ILAT

La formule

Le nouveau loyer s'obtient par une règle de trois :

nouveau loyer = loyer en cours × (nouvel indice ÷ indice de référence)

Le diviseur correspond à l'indice inscrit au bail ou retenu lors de la précédente révision. Le nouvel indice est celui du même trimestre, un an (indexation annuelle) ou trois ans (révision triennale) plus tard. Mélanger les trimestres fausse le calcul et ouvre la porte à une contestation.

Exemple d'indexation annuelle

Un cabinet de kinésithérapie est loué 12 000 euros par an hors charges, avec une clause d'indexation annuelle sur l'ILAT du deuxième trimestre. Le bail retient comme base le deuxième trimestre 2025 (137,15).

  • Nouvel indice : 138,01 (deuxième trimestre 2026).
  • Coefficient : 138,01 ÷ 137,15 = 1,00627.
  • Nouveau loyer : 12 000 × 1,00627 = 12 075,25 euros par an, soit environ 6,27 euros de plus par mois.

Exemple sur trois ans

Pour un loyer de bureau de 12 000 euros fixé avec l'indice du deuxième trimestre 2023 (130,64), la variation sur trois ans donne : 12 000 × 138,01 ÷ 130,64 = 12 676,97 euros. Le même calcul fait trois ans plus tôt, entre 2020 et 2023, aurait porté un loyer identique bien au-delà de 13 000 euros.

Quand l'indice baisse

Une clause d'indexation joue dans les deux sens. Entre le premier trimestre 2025 (137,29) et le troisième trimestre 2025 (137,07), l'indice a légèrement reculé : un bail indexé sur ces trimestres aurait vu son loyer baisser de quelques euros. Une clause qui ne jouerait qu'à la hausse est fragile au regard de la jurisprudence ; en cas de doute sur sa validité, un avocat ou un notaire peut en vérifier la rédaction.

Bail commercial ou bail professionnel : ce qui change

Les locaux d'une activité tertiaire peuvent être loués sous deux régimes.

  • Le bail professionnel, fréquent pour les professions libérales, laisse les parties libres de fixer le loyer et sa révision. L'ILAT est alors l'indice le plus cohérent à inscrire dans la clause d'indexation, puisqu'il a été conçu pour ces activités.
  • Le bail commercial, possible pour des bureaux, relève des articles L. 145-1 et suivants du code de commerce. Depuis la loi de 2014, l'ILC et l'ILAT sont les indices de référence pour la révision et le plafonnement du loyer au renouvellement (article L. 145-34). La révision triennale de l'article L. 145-38 est elle aussi encadrée par la variation de l'indice retenu.

Dans les deux cas, le bail doit nommer l'indice, le trimestre de référence et la périodicité. Un particulier qui détient un local professionnel, en direct ou au travers d'une société civile immobilière, a intérêt à faire vérifier la clause au moment de la signature : c'est elle qui fixe le revenu des années suivantes. D'autres repères sur la gestion d'un bail figurent dans la rubrique Louer.

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Ce que l'indice ne mesure pas

L'ILAT suit l'inflation, le coût de la construction et l'activité économique ; il ne dit rien du marché locatif d'une ville ou d'un quartier. Un plateau de bureaux peut voir son loyer indexé progresser alors que les loyers proposés aux nouveaux locataires du même immeuble reculent, faute de demande. L'inverse se produit aussi dans un secteur recherché, où les loyers de marché dépassent largement le loyer indexé d'un bail ancien.

Cet écart compte surtout au moment du renouvellement d'un bail commercial. Le loyer renouvelé est en principe plafonné par la variation de l'indice, sauf exceptions prévues par le code de commerce, comme un bail d'une durée supérieure à douze ans ou une modification notable des éléments de la valeur locative. Hors de ces cas, l'indice protège l'occupant contre une hausse brutale, mais il empêche aussi le propriétaire de suivre un marché en forte progression.

Vérifier une clause d'indexation avant de signer

Quelques points évitent la plupart des litiges sur la révision :

  • l'indice nommé : ILAT pour une activité tertiaire non commerciale, ILC pour un commerce ou un artisan ; un bail qui vise encore l'ICC mérite une relecture ;
  • le trimestre de référence : il doit être précisé, et la révision compare toujours deux valeurs du même trimestre ;
  • la périodicité : annuelle à date anniversaire, ou triennale ;
  • la symétrie : la clause doit pouvoir jouer à la baisse comme à la hausse ;
  • le point de départ : la date à partir de laquelle le nouveau loyer est dû, et la forme de la demande lorsque la révision n'est pas automatique.

Un indice qui disparaîtrait ou serait remplacé pose la question de l'indice de substitution : le bail peut prévoir lequel retenir, ce qui évite de devoir renégocier.

Où trouver l'ILAT et à quel moment

L'Insee publie l'ILAT dans sa collection « Informations rapides », une fois par trimestre, avec un décalage d'environ trois mois sur le trimestre mesuré : la valeur du deuxième trimestre paraît en septembre, celle du troisième à la fin décembre. La série complète, depuis 2010, figure sur le site de l'Insee avec la description de l'indicateur. Pour une révision, seule la valeur publiée par l'Insee fait foi ; les tableaux repris ailleurs peuvent avoir un trimestre de retard.

Questions fréquentes

Combien vaut l'ILAT au 2e trimestre 2026 ?

Elle est de 138,01, en hausse de 0,63 % sur un an, d'après la publication de l'Insee du 23 septembre 2026. Le trimestre précédent s'établissait à 137,42.

Quelle différence entre l'ILAT et l'ILC ?

Les deux servent aux baux de locaux professionnels, mais pas pour les mêmes activités. L'ILC concerne les activités commerciales et artisanales ; l'ILAT les activités tertiaires autres, comme les bureaux, les professions libérales et les entrepôts logistiques.

Peut-on utiliser l'ILAT pour un logement ?

Non. Le loyer d'un logement loué vide ou meublé se révise avec l'indice de référence des loyers (IRL), lui aussi publié par l'Insee. L'ILAT ne concerne que des locaux professionnels.

L'ILAT peut-il faire baisser un loyer ?

Oui, si la clause d'indexation est rédigée de façon symétrique et que l'indice recule entre les deux trimestres comparés. Ce fut le cas sur une partie de 2025, avec des variations annuelles légèrement négatives aux troisième et quatrième trimestres.

Quand paraîtra l'ILAT du 3e trimestre 2026 ?

L'Insee prévoit de le diffuser fin décembre 2026. D'ici là, le dernier indice connu reste celui du deuxième trimestre.

Sources et références

  • Insee, Informations rapides n° 228 : au deuxième trimestre 2026, l'indice des loyers des activités tertiaires augmente de 0,63 % sur un an — www.insee.fr
  • Insee, Indice des loyers des activités tertiaires, description de l'indicateur — www.insee.fr